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L'averse,
L'averse de pluie qui est tombée A mouillé son blanc chemisier Au milieu deux petites roses Sont apparues à peine écloses
Deux boutons que j'aimerais cueillir Pour les planter dans mon jardin Pour respirer leur doux parfum Et embellir mon avenir
L'averse de pluie qui est tombée A mouillé son blanc chemisier Le tissus collé à sa peau A dévoilé deux beaux joyaux
Deux rubis que j'aimerais voler Pour une bague et un collier Les exposer sur sa poitrine Qui chaque soir serait ma vitrine
L'averse de pluie qui est tombée A mouillé son blanc chemisier Au milieu deux petits boutons roses Mon coeur d'un coup était tout chose
Quand elle est passée près de moi Son regard le mien a croisé Elle a du sentir mon émoi Car très vite elle s'est retournée
L'averse de pluie qui est tombée A mouillé son blanc chemisier C'est dans mes bras qu'elle est venue Pour sécher son corps presque nu
Ken.
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Le voyage,
L’astre diurne teinte le ciel de rouge en esquivant un dernier pas de danse, Puis, s’inclinant, il disparaît derrière l’horizon dans une dernière révérence. Alors, la nuit apparaît telle une noble dame drapée dans sa robe de soirée, Étoffe qui scintille de mil feux sous le regard d’une lune amoureuse et dévouée. Ô nuit, l’homme qui te délaisse préférant à tes étreintes les bras de Morphée Se prive sans le savoir du plus beau des joyaux posé dans son écrin étoilé: Être soi sans avoir à se cacher, se dévoiler sans culpabilité, sans rougir. Ô combien j‘aime cette intimité, cette nudité exquise que toi seule peut offrir. Oui, ce soir tu es douce et belle et c’est ensemble que nous feront le voyage, Pour me perdre dans l'arrière pays redevenu pour un instant nature et sauvage. D'abord, prendre un chemin et y marcher sans but défini, du bout des doigts. Monter, puis descendre au gré du relief, revenir de temps en temps sur mes pas. Puis de nouveaux sentiers, d'autres dénivelés, qu'empruntent de tendres baisers. Plus bas, dans un bois, coule une rivière pour étancher sa soif, y boire à satiété. S'autoriser une halte avant de repartir, sur un lit de mousse s'allonger un instant. Respirer ces odeurs suaves qu'une terre humide exhale pour un palais gourmand. Pourquoi rentrer maintenant, le jour est encore loin, continuons la ballade. Devant, une montagne à escalader où les neiges éternelles sont rouge carmin, Arrivé au sommet, un panorama grandiose d'une terre qui ce soir m'appartient. Le plaisir souffle sa brise et la terre frissonne sous mes lèvres en promenade. Le corps d'une femme est pour moi assurément le plus beau des voyages,Des courbes qui se révèlent, se devinent enveloppées dans la pénombre.J'aime la lumière tamisée de la nuit quand sur ta peau dansent les ombres.Alors prends ma main pour vivre ensemble des crépuscules sur tes rivages. Ken.
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Rêve nocturne, Les cheveux en cascade couvrent ses épaules dénudées,Chevelure noir de geais encadre un visage tout en féminité.Des yeux verts qui me regardent, des émeraudes pour iris,Un regard qui pétille, malicieux, m'invite à une nuit de délice. A qui appartient ce visage qui me poursuit dans la nuit,Ce visage qui apparaît, puis disparaît, joue à cache-cache ?Qui est cette belle inconnue qui me cherche puis s'enfuit,Se rapproche puis s'efface, me tient puis me relâche? Elle semble s'amuser de mon émoi, se joue de mon malaise,La lune cachée jusqu'ici derrière un nuage se dévoile lentement.La lumière qu'elle envoie donne au visage un corps éblouissant.Je remercie le potier qui a sorti une femme si belle de la glaise. La nymphe qui jusque-là était insaisissable, semble moins farouche,Elle est maintenant beaucoup moins timide, à mes côtés se couche.Sa bouche aventureuse parcourt alors mon corps qu'habite la fièvrePas une partie de ma peau n'échappe à la douceur de ses lèvres. Le plaisir m'inonde, je tente en vain de contenir un gémissementMes lèvres dans un doux murmure prononce un nom, Eva, Eva ...Une main me secoue et l'image s'évapore, je me réveille en tremblant.Mon épouse me regarde intriguée. Pense-t-elle que je la trompe déjà ? Était-ce un rêve, ou l'ai-je vraiment vécu ?Le plaisir qu'elle m'a donné était pourtant si réel.Je referme les yeux pour tenter de retrouver la belle,Mais malgré mes efforts, elle avait bel et bien disparu. Ken.
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Le baiser Deux lèvres qui s'écartent pour une invitation. Sur le seuil, une langue officie en hôtesse,Me fait signe d'avancer, d'emprunter le perron.Je ne peux que m'exécuter devant tant de politesse. Une fraîcheur m'accueille en préambule,Un souffle mentholé embaume le vestibule.Derrière le marbre blancs de ses dentsLes portes d'un palais s'ouvrent en grand. On me fait faire le tour du propriétaire,Puis on m'invite à prendre un verre,Une liqueur exquise provenant du domaine,Que je déguste avec une délectation certaine. Je me sens bien ici, dans ce lieu enchanteur.Cette demeure à un charme vraiment incomparable.La maitresse de maison de plus est adorable,Et sa conversation des mots qui touchent le coeur. Il me faut repartir, je crois qu'il se fait tard.Le hall de l'entrée pour un ultime bonsoir,Je referme doucement la porte derrière moi,Et c'est avec regret que je m'éloigne de toi. Ken.
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Au milieu coule une rivière, Un glaçon qui se meurt,Fond comme neige au soleil,Sur ce corps brulant en éveil,Il sait que c'est la fin et pleure. Les larmes deviennent un lac puis le lac déborde et s'étendL'eau avance inexorablement,Tel un cavalier cosaque. Entre deux montagnes altièresL'eau poursuit son chemin,s'engouffre entre ses seins,Et creuse son lit dans la pierre. Au milieu coule une rivière ...Laissez-moi y boire à satiété,Que mes lèvres assoifféesSur vos rives se désaltèrent. Ken.
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